Ces saints sont choisis pour protéger de manière prophylactique selon la tradition locale ou pour remercier de leur intercession. Leur biographie est  imprégnée de récits légendaires parfois repris ici selon leur hagiographie locale ou la plus usuelle.

Saint Bernard (de Clairvaux)

Cartographie du patrimoine architectural de l'arrière-pays du Comté de Nice. Localisation et informations  de 750 sites et édifices avec cartes et  coordonnées géographiques.

Mise à jour
01-01-2018
Eglise  Saint Bernard de Moulinet

Saint Bernard (de Clairvaux)

1090-1153

Culte

Fêté le 20 août. On l'invoque contre les mauvais esprits. Il est considéré comme un acteur majeur de l'ordre cistercien. Il a prêché contre les cathares et il intervient dans le schisme de 1130.

Attributs 

On le représente en froc blanc (cistercien) avec la crosse abbatiale, parfois à terre, un chien, une ruche ou un livre, un essaim d'abeilles, au-dessus d'un dragon soumis (ne pas confondre avec Saint Bernard de Menthon représenté tenant une étole dans les mains qui s'est changée en chaîne) ou près d'une colonne antique et d'une tête du dieu Jupiter. La Lactation de Saint Bernard (La Vierge presse son sein pour humecter les lèvres du saint) est un épisode souvent représenté.

Biographie

Sa biographie est documentée dans de très nombreux ouvrages et la Légende Dorée lui consacre un long chapitre tirée du récit d'un moine cistercien, Guilllaume de Saint Thierry, contemporain de Saint Bernard.

Fils du seigneur Tescelin le Roux  et de Sainte Alette de Montbard, né en 1090 ou 1091  au château de Fontaine-lès-Dijon, dans une famille noble de Bourgogne, Bernard est le troisième de sept enfants dont Saint Gérard de Clairvaux et Sainte Ombeline de Jully. À l'âge de neuf ans, il est envoyé à l'école canoniale de Châtillon-sur-Seine. Après les rudiments, il suit le trivium, premier cycle d'enseignement consacré aux lettres (grammaire, rhétorique et dialectique). Montrant un goût particulier pour la littérature, il acquiert une bonne connaissance de la Bible, des Pères de l'Église et de divers auteurs latins.  À l'âge de seize ou dix-sept ans, il perd sa mère. Il mène ensuite l'existence mondaine des jeunes nobles de son âge mais semble très vite vouloir entrer dans les ordres.

En 1111 ou 1112, il entre à l'abbaye de Cîteaux avec trente membres de sa famille ou proches. Étienne Harding envoie le jeune homme à la tête d'un groupe de moines pour fonder une nouvelle maison cistercienne dans une clairière isolée à une quinzaine de kilomètres de Bar-sur-Aube, le Val d'Absinthe, sur une terre donnée par le comte Hugues de Champagne. La fondation est appelée «claire vallée» (clara vallis), qui devient ensuite «Clairvaux». Bernard est élu abbé de cette nouvelle abbaye, et confirmé à Châlons-en-Champagne. En 1119, Bernard fait partie du chapitre général des cisterciens convoqué par Étienne Harding, qui donne sa forme définitive à l'ordre. Il demeure abbé de Clairvaux jusqu'à sa mort en 1153.

Les débuts de Clairvaux sont difficiles : la discipline imposée par Bernard est très sévère. Bernard poursuit ses études sur les Saintes Écritures et sur les Pères de l'Église. Les gens affluent dans la nouvelle abbaye, et Bernard convertit même toute sa famille. Dès 1118, de nouvelles maisons doivent être fondées pour éviter l'engorgement de Clairvaux. Les trois premières fondations sont La Ferté, Pontigny, Morimond. De 1115 à 1133, Bernard et ses moines vivent à Clairvaux dans les conditions les plus frustes. Le prieur du couvent (Geoffroy de Rochetaille) et le maître des novices (Achard) convainquent Bernard d'agrandir le monastère en 1133. En 1145, l'église est enfin consacrée et, en 1153, la partie occidentale réservée aux frères convers est achevée .

Clairvaux donne naissance à soixante-huit abbayes nouvelles. La « Charte de charité » qui y est rédigée est confirmée peu après par Calixte II. En 1132, il fait accepter par le pape l'indépendance de Clairvaux vis-à-vis de Cluny. Sa lettre à l'archevêque de Sens, Henri de Boisrogues dit Sanglier, intitulée par la suite De Officiis Episcoporum (sur la conduite des évêques) est révélatrice du rôle important joué par les moines au XIIe siècle, et des tensions entre clergé régulier et séculier.

Bernard, pourtant si engagé dans son monastère, sillonne les routes d'Europe pour défendre l'Église et porter témoignage de sa vision de Dieu. En 1129, il participe au concile de Troyes, convoqué par le pape Honorius II. C'est lors de ce concile que Bernard fait reconnaître les statuts de la milice du Temple, les Templiers, dont il a grandement influencé la rédaction. Ce qui officialisa l'intégration définitive, dans la doctrine de l'église romaine, de la notion de Guerre Sainte. En 1130, après la mort d'Honorius II, deux papes sont élus par les cardinaux : le cardinal Aimeric, qui prend le nom d'Innocent II, dont les adversaires désignent le cardinal Pierleone, qui prend le nom d'Anaclet II. Bernard se déclare en faveur d'Innocent II, car il le juge plus saint, donc plus apte, et certainement élu par le groupe le plus sain (sanior pars) des cardinaux. Le roi de France et son clergé reconnaissent alors Innocent II, qui se réfugie en France. L'empereur germanique, Lothaire III le reconnaît à son tour et conduit une expédition pour l'installer à Rome. Bernard accompagne l'empereur et le pape quand ils entrent dans Rome en 1133. Mais Innocent II est rapidement attaqué par les partisans d'Anaclet. Il réunit le concile de Pise en mai-juin 1135, pour anathématiser son rival. Bernard y prononce un discours très violent. Il négocie ensuite le ralliement de la ville de Milan au pape. En 1137, il essaye en vain de faire changer Roger II de camp.

Après la mort d'Anaclet en janvier 1138 , Innocent II convoqua le deuxième concile du Latran pour mettre fin au schisme. En 1145, Bernard de Clairvaux donne un pape à l'Église, Eugène III, dont Bernard devient le maître à penser. Eugène III demande à Bernard de prêcher la deuxième croisade. À la même époque, l'hérésie cathare fait de grand progrès dans le midi de la France. Bernard intervient pour réfuter les doctrines cathares. En 1145, il accompagne en Languedoc Albéric d'Ostie, légat du pape Eugène III, et Geoffroy de Lèves, évêque de Chartres afin de prêcher contre l'hérésie dans cette région.  

Bernard fonde jusqu'à soixante douze monastères, répandus dans toutes les parties de l'Europe. En 1151, deux ans avant sa mort, il y a 500 abbayes cisterciennes. Clairvaux compte 700 moines. Bernard meurt en 1153, à soixante-trois ans.

Canonisé le 18 janvier 1174 par Alexandre III, Bernard de Clairvaux a été déclaré docteur de l'Église par Pie VIII en 1830.

Photo: statue de Saint Bernard de Clairvaux dans l'église  Saint Bernard de Moulinet