Pénitents

Cartographie du patrimoine architectural de l'arrière-pays du Comté de Nice. Localisation et informations  de 750 sites et édifices avec cartes et  coordonnées géographiques.

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Mise à jour
25-11-2016
Chapelle de la Sainte Croix à Saint Martin Vésubie

Photo JPB : Bannière de Procession des Pénitents Blancs dans la chapelle de la Sainte Croix à Saint Martin Vésubie.

Pénitents

XIVe

Origine

C’était au départ vers le XIVe siècle  des associations de laïcs catholiques, qui se réunissaient pour diverses raisons: prier pour la rémission des péchés particuliers ou généraux, l’entraide, les actes de charité...: "Les membres des confréries de pénitents se donnent des secours mutuels, principalement en cas de maladie, et il entre dans leur institution de se livrer à toutes les bonnes oeuvres qui tendent au soulagement de l'humanité souffrante et affligée." (Statistique de Villeneuve) .

Il s’agit d’un système d’initiative locale (au niveau du village, du quartier ou de la profession), non pyramidal et non fédéré. Elles commencent à se créer dans le comté de Nice vers la fin du XVe. Les confréries sont autonomes, bénéficiant de nombreux dons et legs, et indépendantes de l’Eglise en ayant une chapelle qui leur appartient. Après le Concile de Trente (1563) Note   des confréries plus dépendantes du clergé seront créées  comme celle de Notre Dame du Rosaire. Les membres des confréries sont longtemps exclusivement des hommes, lesquels revêtent, pour les manifestations religieuses ou de charité, une robe, très simple, sans forme ni ornement, destinée à dissimuler les différences sociales des vêtements civils. Les Pénitents portent, également, une cagoule (plus de nos jours en France ) qui manifeste un souci de modestie individuelle. La couleur des robes, appelées chemise, froc ou sac (Cappa localement), varie selon les confréries. Les pénitents se regroupent par affinités sociales, corporatives ou claniques suivant les communes.

Correspondance courante entre couleur (blanc, noir, bleu, rouge) et vocable dans le Comté de Nice:

Pénitents Blancs= de la Sainte Croix ou du Gonfalon.

Pénitents Noirs= de la Miséricorde , Saint Jean Baptiste.

Pénitents Bleus= Saint Sépulcre , N-D de l'Assomption.

Pénitents Rouges= Très Sainte Trinité, Saint Suaire ou Saint Philippe Néri.

Histoire

Sur le modèle de confréries de Palerme, de Florence et de Gênes les pénitents apparaissent d'abord dans les villes de Provence dans la seconde moitié du XIVe siècle: Les prédications de Saint Vincent Ferrier et de Saint Bernardin favorisent leur développement qui reste essentiellement urbain dans la première moitié du XVe siècle puis se généralise. Ainsi à l'exception des plus réduites toutes les communautés du comté de Nice auront au moins une confrérie (Source :Luc Thévenon ). En général la première confrérie qui se crée dans une ville prend la couleur blanche par rattachement au symbole de la pureté. Lorsqu’il se crée une seconde confrérie elle est généralement noire, pour se distinguer de  la précédente. Puis les confréries suivantes prennent le rouge, le bleu, le gris, sans ordre précis. Petit à petit chaque confrérie fait une action sociale (enterrement (les pénitents noirs), soins aux malades, mont-de-piété ( pénitents blancs ), mont granatique, orphelinat, accueil des pèlerins, etc...) qui n’est pas obligatoirement déterminée par sa couleur. Parfois les charges sont bien réparties: les pénitents rouges gèrent les établissement pour orphelins et les bleus pour orphelines. La Révolution  supprime toutes les sociétés religieuses. Si certaines se recréent après la Restauration, les confréries de pénitents sont de moins en  moins nombreuses et paraissent moins utiles, dans un environnement de moins en moins religieux.

Histoire locale

En 1306 (date de la création à Gênes de la Confrérie de Saint Antoine) les Dominicains incitent à la création de l'Archiconfrérie du Gonfalon (bannière). Le modèle était la confrérie de Santa Maria del Gonfalon de San Bonaventura  de 1267. Elle prendra le nom de confrérie des Pénitents Blancs de la Sainte Croix à Nice.

Leur accroissement se fera surtout au XVIe. Elles seront un moyen de la lutte de la "Contre-Réforme". En 1754  on en compte 118 dans le Comté de Nice. Leur déclin amorcé au XVIIIe sera accentué par leur abrogation à la Révolution. Ces confréries (16 actuellement) avaient un rôle d'aide sociale  qui a perdu de son importance.

Lire: Pénitents des Alpes Maritimes sous la direction de Luc Thévenon 1981 -Edition : Serre éditeur (2008).