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Joseph est mort, vive Joseph !

Ne croyez pas que la mort de Joseph me laisse indifférent. Je suis même ému par la mort de ce vieil homme dans son lit comme on peut le voir sur deux tableaux dans l’église de l’Assomption à Saint Martin Vésubie. Mais pour nos anciens c’était la «Bonne mort» celle que tout homme ou femme espérait. 

Au XVIIIe siècle, la mort rodait partout: peste, guerre, famine… L’espérance de vie était de 25 ans. Alors pour que la mort de Joseph soit un exemple, on lui dédiait un autel dans les églises: Belvédère, La Bolline, Clans ou une chapelle: La Roche, Ilonse, Moulinet… Vous avez remarqué que pratiquement chaque église possède une statue de Joseph tenant l’Enfant Jésus dans ses bras.

La vie était si fragile que la mort pouvait survenir à tout instant. Voir arriver le prêtre avec l’extrême-onction ne devait pas arranger les choses. On confiait aux saints le soin de nous protéger: Sébastien ou Roch de la peste, si cela ne marchait pas, on faisait appel à Rita ou Rosalie.

Un enfant sur deux mourait avant 10 ans. Les mères se précipitaient auprès de saint Erige ou saint Claude avec leur enfant mort  pour le ressusciter le temps de le faire baptiser, Au moins il n’irait pas aux limbes, ce lieu flou entre enfer et paradis. La douleur de perdre un enfant c’était suffisant !

Joseph, un artisan homme juste, est le modèle des pères. Le mien était un mécréant magnanime qui le valait bien.

Note: L’onction des malades est un sacrement qui prend sa source dans une pratique destinée à oindre le malade pour le guérir. Il faut croire que son manque d’efficacité  l’a transformé en « extrême-onction ».

Rubrique du mois de février 2016 dans Le Portail VésubienPortail vesubien