Ces saints sont choisis pour protéger de manière prophylactique selon la tradition locale ou pour remercier de leur intercession. Leur biographie est  imprégnée de récits légendaires parfois repris ici selon leur hagiographie locale ou la plus usuelle.

Saint Paul (de Tarse)

Cartographie du patrimoine architectural de l'arrière-pays du Comté de Nice. Localisation et informations  de 750 sites et édifices avec cartes et  coordonnées géographiques.

Mise à jour
30-01-2018
Eglise Sainte Marguerite de Lucéram

Saint Paul (de Tarse)

 Ier

Culte

Le 29 juin, jour de son martyre avec celui de Pierre avec lequel il est souvent associé. Il est invoqué contre la luxure. On le compte parmi les douze apôtres car il est parfois représenté parmi eux.

Attributs

Il est représenté avec une épée (qui lui a coupé la tête ou car il est un soldat du Christ), ou au cours de la chute du cheval lors de sa conversion, avec un rouleau ou un parchemin à la main.

Hagiographie

Les sources essentielles de la vie de Paul sont les Actes des Apôtres et des Épîtres, auxquelles on peut joindre quelques éléments puisés chez les Pères de l'Église. La Légende dorée lui consacre un long article et un autre sur sa Conversion. Il est un symbole de l'universalité de l'Eglise ce qui lui vaudra un rejet par la Contre-Réforme.

Saint Paul est né à Tarse, ville de Cilicie. Sa famille appartenait à la tribu de Benjamin et était ralliée au parti des pharisiens. Son nom était Saül auquel Paul avait joint un surnom latin, Paulus (petit), du fait qu'il était citoyen romain de naissance. Si l'on en croit un discours qui lui est prêté dans les Actes des Apôtres, Paul aurait été élevé à Jérusalem.

Pharisien intransigeant, il commence par persécuter les chrétiens, et il apparaît pour la première fois dans les Actes des Apôtres gardant les vêtements des Juifs qui lapident Étienne.

Tandis qu'il se rend à Damas pour y persécuter la communauté chrétienne, Il est désarçonné. Paul a une vision du Christ qui provoque sa conversion. Cet épisode fait l'objet d'un article dans la Légende dorée. Il est baptisé par un disciple, Ananie, puis il fait une retraite dans le désert d'Arabie, revient à Damas, où il prêche et où les Juifs veulent le faire périr, ce qui l'oblige à s'enfuir caché dans une corbeille que l'on descend par les murailles. Il se rend à Jérusalem, où Barnabé l'introduit auprès de Pierre et de Jacques. Pour échapper aux machinations des Juifs hellénistes, il est conduit à Césarée par les «frères» et, de là, il repart pour Tarse.

Barnabé, chargé d'organiser l'Église d'Antioche, va tirer Paul de sa retraite pour se l'adjoindre: pendant un an, ils prêchent tous deux dans la grande capitale syrienne. À la suite d'une famine qu'on peut situer vers l'an 45 de notre ère, Paul et Barnabé portent à Jérusalem des secours envoyés par les chrétiens d'Antioche à leurs frères de Judée.

De retour à Antioche, on décide que les deux hommes iront porter le message en terre païenne. Ainsi va commencer le premier voyage de Paul, qu'on place entre 45 et 49. L'apôtre embarque à Séleucie avec Barnabé pour l'île de Chypre. À Salamine de Chypre, tous deux commencent à prêcher dans les synagogues; à Paphos Paul combat un faux prophète juif et magicien, Bar Jesus ou Elymas, et convertit le proconsul de l'île, Sergius Paulus. De là, ils passent en Asie Mineure. Alors que, jusqu'à Chypre, Barnabé est cité le premier et apparaît comme le chef de la mission, Paul prend dès lors la première place, et c'est lui qui a l'initiative de la prédication. Il prêche dans les synagogues, mais il a plus de succès auprès des païens, et à Lystres, en Lycaonie, après avoir guéri un impotent, les prêtres de Zeus veulent lui offrir des sacrifices comme à un dieu.

Les Juifs accourus lapident Paul et le laissent pour mort. Sans se décourager, celui-ci repart pour Derbé avec Barnabé, et va à Attalia s'embarquer pour Antioche. S'engage alors une querelle avec les judaïsants, qui veulent qu'on impose aux gentils nouvellement convertis les rites judaïques, à commencer par la circoncision. Paul tient tête aux judaïsants et reproche à Pierre sa pusillanimité. Afin de régler la question, on tient une assemblée à Jérusalem; ce «concile des apôtres» a lieu vers l'an 50, et, à la suite de l'intervention de Pierre et de Jacques, on décide de ne pas imposer les observances judaïques (circoncision) aux convertis venus de la gentilité (non juif).

Peu après, commence le deuxième voyage de Paul, accompagné d'un ancien de Jérusalem, Silas. Ils passent par la Cilicie, Derbé et Lystres, où Paul s'adjoint Timothée, jeune homme d'une vingtaine d'années. De là, les trois hommes traversent la Phrygie, la Galatie, la Mysie et parviennent à Troas, d'où ils s'embarquent pour Samothrace et Philippes, en Macédoine. Il semble que ce soit à Troas que Luc se joint aux missionnaires. Paul est assez mal reçu dans cette province : à Philippes, Silas et Paul sont battus de verges par les magistrats municipaux; à Thessalonique, les Juifs suscitent contre eux une émeute. Paul gagne la mer afin de s'embarquer pour Athènes. Là il prêche sur l'Agora, et des philosophes épicuriens et stoïciens le conduisent devant l'Aréopage, où il tient un discours qui choque les auditeurs lorsqu'il est question de la résurrection des morts: il obtient cependant quelques conversions, dont celle de Denys l'Aréopagite.

À Corinthe, où il se rend, Paul se lie avec un Juif, Aquila, et sa femme Priscilla, venus de Rome, d'où un édit de Claude vient de chasser les Juifs; ils sont aussi fabricants de tentes, et Paul travaille avec eux tout en prêchant à la synagogue. Les Juifs le traînent devant le proconsul d'Achaïe, Gallion, ce qui situe le passage de Paul à Corinthe entre le printemps de 51 et celui de 52. Gallion renvoie les plaideurs, refusant de juger entre eux d'un litige de caractère religieux. Paul reste près de dix-huit mois à Corinthe avant de s'embarquer pour Éphèse ; de là, il navigue jusqu'à Césarée de Palestine, d'où il «monte» à Jérusalem avant de rentrer à Antioche.

Il a laissé à Corinthe Silas et Timothée. Il s'adjoint pour son troisième voyage Tite, un jeune païen converti. Il commence par parcourir les territoires des Galates et la Phrygie pour y affermir les Églises déjà fondées, puis il séjourne deux ans à Éphèse. Il fait tant de prosélytes que les orfèvres, qui vivaient de la vente aux pèlerins d'objets de piété dédiés à Artémis, suscitent une émeute dans la crainte de voir leur commerce décliner. Il doit quitter la ville, se rend en Macédoine, parcourt en bateau les îles de l'Égée, rentre à Césarée et revient à Jérusalem, où les Juifs soulèvent la populace contre lui, il ne doit son salut qu'à l'intervention du tribun militaire Lysias, qui, ayant su que Paul était citoyen romain, l'envoie à Césarée, au procurateur Marcus Antonius Felix, qui le retient captif deux ans.

Les Juifs ne cessent de réclamer la mort de Paul, et Festus accepte d'envoyer à Rome son prisonnier. Le voyage se fait par mer, en compagnie de Luc, par Chypre, et la Crète. Une tempête cause le naufrage du navire tout près de Malte, où les deux hommes restent trois mois avant de reprendre la mer. Au printemps, ils passent par Syracuse,  et  arrivent à Rome, où, bien que captif, Paul loue un logement qu'il occupe avec le soldat chargé de le garder.

Paul continue de prêcher les Juifs et les gentils, et demeure deux ans ainsi, sans qu'il passe en jugement.Là se termine le récit des Actes.

On date de 58-60 son séjour à Césarée et du printemps 61 son arrivée à Rome. Certains auteurs pensent qu'il a finalement subi le martyre en 64 en même temps que Pierre, lors de la persécution de Néron, rapportée par Tacite. D'autres soutiennent qu'il a été acquitté. Libéré, Paul se serait rendu en Espagne, puis serait revenu en Orient, à Éphèse, en Macédoine et en Grèce. Après la persécution de Néron, il aurait été arrêté en tant qu'appartenant à une secte tenue désormais pour criminelle.

Ramené à Rome, tenu dans une dure captivité, il aurait eu un long procès avant d'être décapité (car citoyen romain) sur la voie d'Ostie, vers 67. Ce serait pendant cette seconde captivité romaine qu'il aurait écrit sa Seconde Épître à Timothée.

Source: (principale) Larousse.

Photo : Pierre et Paul du retable de Louis Brea dans l'église Sainte Marguerite de Lucéram.