Julien, un hospitalier ambigu

Sur les chemins du patrimoine, en devisant... Rubrique du mois de mars 2017

Roquebillière s’est placée très tôt sous la protection de Saint Julien qui aurait été martyrisé pendant la christianisation peut-être au Mans ou en Auvergne. Une chapelle saint Julien qui se trouve en rive gauche de la Vésubie est le lieu de mémoire de la commune (un lieu de pélerinage processionnel : « romérage »). Il fut le lieu d’inhumation des morts, pratique qui pourrait remonter au moyen-âge.

Jacques de Voragine, un archevêque de Gènes au 13ème siècle, a rédigé une compilation de la vie des saints : La Légende dorée, qui a imprégné par la suite les hagiographies locales.  Notre Iacoppo da Varazze (son nom) mentionne plusieurs saints Julien dont celui d’Auvergne compagnon de saint Ferréol et un autre qui tua par méprise son père et sa mère. Le premier est celui de Brioude qui est confondu avec le second que l’on appelle l’Hospitalier.

Ce saint Julien se réfugia près d’un fleuve où il fit le médecin et le gueyeur, car comme Oedipe une prédiction lui faisait tuer son père (et aussi sa mère), prophétie qui se réalisa. Il aurait été aussi membre de l’ordre des Hospitaliers.  Un bien curieux personnage qui a surpassé en notoriété le saint Julien de Brioude et a donné matière à un conte de Gustave Flaubert.

On comprend que Roquebillière qui a une histoire millénaire avec les crues de la Vésubie ait choisi un saint « gueyeur « mais pourquoi Julien ? Peut-être que l’ordre des Hospitaliers qui possédait l’église Saint Michel du Gast a orienté ce choix pour un saint meurtrier pas très catholique,

Jean-Pierre Bouret