Collégiale Saint Martin de La Brigue

Cartographie du patrimoine architectural de l'arrière-pays du Comté de Nice. Localisation et informations  de 750 sites et édifices avec cartes et  coordonnées géographiques.

Vous désirez connaître le patrimoine d'un lieu du Haut Pays Niçois (vallées du Var, de la Tinée, de la Vésubie, de la Bévéra et de la Roya).  www.montnice.fr. offre 1000 pages d'information.

Mise à jour
30-11-2016
Collégiale Saint Martin de La Brigue

Collégiale Saint Martin de La Brigue

1484-1509

La collégiale Saint Martin (une légende rapporte que Saint Martin de Tours aurait prêché à La Brigue) a été construite entre 1484 et 1509. Elle a été ouverte en 1501 comme le montre le linteau du portail principal. La collégiale Saint Martin de construction romane fut démolie à la fin du XIV siècle (peut-être à la suite d'une inondation ou d'un incendie) et entièrement rebâtie en style roman lombard. Mais l'édifice médiéval fut entièrement "baroquisé" au XVIIe siècle et avant même cette date, il avait recueilli des retables et tableaux de la Renaissance niçoise.

L'église actuelle a réemployé un linteau épigraphié dans le portail latéral sud. Sur ce linteau est représenté une main bénissant  dans un cercle symbolisant la Sainte Trinité et un millésime gravé MCCXXXIIII (1234), le plus ancien linteau connu dans la région. Cette date doit correspondre à la fin de la construction de la première église. Le portail principal est un morceau d'architecture renaissance antiquisante, peu représentée dans les Alpes-Maritimes, avec pilastres superposés, chapiteaux à feuillages, têtes d'angelot, arc en plein cintre, réalisés en marbre ou en travertin blanc. Son style s'apparente au portail occidental renaissance de la cathédrale de Turin datant de 1498. Le portail porte la date du 11 mars 1576.

L'oculus est daté de 1578. La façade est décorée de bandes alternées de deux tons ocre jaune. Un campanile élancé flanque le bas-côté sud de l'église, en retrait par rapport à la façade. Il rappelle les clochers lombards. Les baies géminées évoquent des modèles du XIIIe siècle et XIVe siècle pouvant faire croire que cette tour est plus ancienne que l'église. Il semble être lui aussi de la fin du XVe siècle. Sa flèche est polygonale avec des clochetons aux angles.

L'église est construite suivant un plan basilical. Seul le vaisseau central est fermé par une abside à cinq pans voûtée en cul-de-four. La nef centrale compte 3 travées et 2  bas-côtés. Cette disposition a conduit les constructeurs à prévoir une alternance de piles fortes, cruciformes, et de piles faibles, circulaires.

La nef église est de style gothique par l'usage des voûtes d'ogives. Les piles en croix grecques adoptent les ordres classiques car elles forment des pilastres avec des chapiteaux toscans et ioniques à cornes sous les retombées des arcs-doubleaux de la nef centrale. Les piles faibles conservent une structure médiévale. Le chœur ne possède aucun élément de style gothique. Son architecture est caractéristique de l'architecture baroque niçoise. Luc Thévenon pense qu'il a pu être reconstruit au XVIIIe siècle bien que les élévations ne permettent pas de valider cette hypothèse. Les peintures murales ont été refaites à la fin du XIXe.

Elle  présente de beaux décors de styles renaissance et baroque de la région.

Sources: notamment  L'Art du Moyen âge dans les Alpes Méridionales (1983) et La Brigue (2011) de Luc Thévenon Edition : Serre, Nice.

Photos LB et JPB

A voir :

A gauche

-Fonds Baptismaux ( 1575) .

-Autel de Saint François d'Assise avec une toile de la Vierge du Rosaire Note ( fin XVIIe) entre François, Dominique et Antoine de Padoue à genoux .

-Sur la base du clocher : toile du Baptême du Christ ( Sévère Ascensio 1744).

-Retable (1774) Notre-Dame des Neiges  de Fuseri (1507) dans l'autel des Lascaris qui furent les donateurs. Probablement les restes d'un important triptyque. A gauche Saint Nicolas de Bari et à droite Saint Louis d'Anjou (ou de Toulouse). Armoiries de la famille Lascaris au-dessus.

-Autel  de Saint Jean Baptiste: un panneau sur bois, Baptême du Christ (1593), Portraits de Dominique Pastorelli et de sa femme, Franceschetta Varletto, dans la prédelle. Famille Pastorelli.

-Autel de L'Immaculée Conception (c.1640) : la Vierge avec saints Sébastien et  Joseph à gauche et   Roch et Charles-Borromée à droite. La Brigue (?) en arrière plan.

-Autel du Saint Esprit Retable en bois de 1710 et toile  La Pentecôte du XVIIe.

-Autel N.D. des Sept Douleurs et la crucifixion. Une statue de la Vierge portant le Christ avec un. glaive dans le coeur entourée des 7 médaillons représentant les 7 événements douloureux. Le retable est du XVIIIe.

Choeur

-Autel Majeur des Martyrs, boiseries du XIXe, deux statues, Joseph et le Sacré-Coeur (1888) et un baldaquin de 1895. Plusieurs toiles du XVII-XVIIIe dans l'abside: Martin et le manteau, la Cène, l'élévation de la Croix et surtout une Dispute du St Sacrement, copie d'une toile de Raphaël.

A droite

-Panneau de la Crucifixion avec Madeleine (c. 1540), la Vierge, une sainte, Jean Evangéliste et  Saint Martin. en bas le donateur. Famille Lanteri. Les anges essuient leurs larmes. L'influence de Louis Bréa est indéniable mais le style est plus piémontais voire léornardesque.

-Retable de Sainte Marthe entre Lazare et  Madeleine (c. 1530), sur la prédelle leur arrivée à Marseille (vers 1530). Une autre branche de la Famille Lanteri. Restauration en 1885.

-Chapelle Saint Elme.  Le Martyre (c. 1515-1530) de Saint Elme (ou Erasme) avec détails du martyre  dans la chapelle des Spinelli. L'empereur Maximien assiste au martyr.

-Chapelle de la Corporations des Bergers dédiée à Saint Michel terrassant le dragon avec Agathe et Bernardin de Sienne à gauche, Lucie et Catherine à droite. Au dessus un tableau représentant St. Elme et une statue du saint du XIXe à côté du pilier. Famille Rusca.

-Retable (1710) de la Nativité (c. 1510)  dans l'autel des Alberti (le donateur est agenouillé) et au dessus l'Annonciation en deux panneaux, attribué à Louis Bréa. On peut voir un ange dans le paysage qui annonce la Bonne Nouvelle aux Bergers. Famille Alberti.

-Chapelle du Rosaire avec une Assomption de Marie, volet gauche d'un triptyque (proche de l'Ecole Bréa c. 1540). Au-dessous les apôtres regardent la scène. Au-dessus la Sainte Trinité couronne la Vierge. Au  chevet, retable  de la Vierge du Rosaire (fin XVIIIe).

Au dessus de la tribune

-orgue de 1849  de fabrication piémontaise (dessin de  Giacomo et Luigi  Lingiardi, menuisier G.B. Tosello), restauré en 1925 et 1957, puis 1987.

Il y a trois pièces servant de sacristies qui conservent les trésors de la collégiale et plusieurs toiles:

Le Suffrage Note (XVIIe), Le St Sacrement (XIXe), Trône de Grâce (XVIIe), Jésus ( XVIIIe), deux Déploration (XVIIe), Grat (XIXe), Martin( XIXe), Borromée (XVIIe), François de Sales (XVIIIe), Etienne (XVIIe), Ursule (XVIIe), Philippe de Néri (1685), Mort de Joseph dans la salle capitulaire (XVIIe).

Coordonnées
44.0628, 7.61369
Zone Géographique
Roya (Haute)