On a perdu Saint Antoine !

Sur les chemins du patrimoine, en devisant... Rubrique du mois de décembre 2015

A l’extrémité nord du village de Belvédère, sur le chemin rejoignant la haute vallée, fut érigée la chapelle Saint-Antoine. Ce modeste édifice représente en fait un exemple de chapelle médiévale. Sa façade est encore ouverte. Mais qui est saint Antoine ? Le plus connu de nos jours est celui que nous invoquons pour les objets perdus: saint Antoine de Padoue.

Ce moine franciscain, originaire du nouveau royaume du Portugal, contemporain de saint François d’Assise (1182-1226), était un prédicateur émérite qui est mort à Padoue. Ayant retrouvé un manuscrit perdu il est devenu spécialiste de la question des objets perdus. On peut voir sa représentation sur un tableau de la chapelle. Mais au centre du tableau un autre Antoine est visible : saint Antoine Ermite.

Moins connu de nos jours, il est pourtant le saint à qui était dédiée la chapelle comme la plupart des autres chapelles saint Antoine dont celle de Clans. Contemporain du IVème siècle, il est le fondateur du monachisme. A Clans une trentaine de tableaux retrace des épisodes de sa vie d’ermite. Un bâton en Tau qui lui servait à marcher, une clochette comme les lépreux (en fait elle signale le cochon) et surtout un cochon sont ses attributs : difficile de ne pas le reconnaître.

Au fait qui est le 3ème personnage du tableau ? On pourrait en déduire qu’il s’agit de saint Paul l’Ermite, un précurseur d’Antoine dans le monachisme et que celui-ci avait rencontré. Saint Antoine de Padoue qui nous a permis de retrouver deux saints mérite bien son invocation.

On a donné plusieurs significations au cochon qui est à côté de saint Antoine. Dans la région on a attribué à saint Antoine ermite la faculté de protéger du « mal ardent ou feu de saint Antoine » (empoisonnement par l’ergot de seigle). L’application du lard de cochon pouvait en soulager les plaies.

Jean-Pierre Bouret